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Bulletin du 1er mars 2026
dimanche 1er mars 2026, par
Le mois de février 2026 : une circulation atmosphérique anormalement basse en latitude
Depuis la première décade de janvier, la circulation d’ouest s’est progressivement abaissée en latitude sur l’océan. Autour de 50°N début janvier, elle est descendue vers 45°N le 20 puis 40°N le 25 en s’y maintenant jusqu’au 15 février quasiment. Depuis, elle oscille entre 40 et 50°N.
Du 1er au 21 février, le Jet? fut bas sur l’ensemble de l’hémisphère, notamment sur l’Atlantique. Abordant ordinairement l’Europe par les îles britanniques, il entrait sur le continent par la péninsule ibérique avant de traverser l’ensemble de la Méditerranée, empiétant sur la frange nord de l’Afrique.
En se situant plutôt au nord de ce courant, la France était préférentiellement abonnée aux conditions dépressionnaires, d’où un temps souvent pluvieux, temporairement neigeux, parfois venteux?.
La présence d’air anormalement doux en Arctique a permis le maintien de pressions relativement plus élevées. La principale alimentation en air doux est issue du Pacifique, via Béring, plus occasionnellement par l’Atlantique via la mer de Norvège. Les masses d’air froid ont circulé plus au sud qu’habituellement, décalant le Jet d’autant. L’indice AO, fortement négatif une grande partie de l’hiver, revenant au neutre en dernière quinzaine, l’illustre.
Plus le Jet est vigoureux, plus le gradient thermique est important entre l’air remontant des tropiques et celui descendant du pôle .
Le 7 février représente un exemple typique de cette configuration. L’Arctique est globalement occupé par des conditions anticycloniques, de la Sibérie orientale au Canada et au Groenland. Sur l’Atlantique, les dépressions circulent au sud, la fameuse dépression d’Islande est absente et se retrouve plutôt de l’Irlande à l’Angleterre. Une autre dépression aborde le Portugal tandis qu’une cyclogénèse active évolue assez loin au sud de Terre-Neuve. Cette dernière marque la présence de forts gradients thermiques anormalement bas vers le sud.
L’anticyclone des Açores est en retrait, une faible et temporaire dorsale s’érige vers le nord.
En termes de conséquences plus proches de nous, les températures du mois ont été douces et les pluies abondantes autour du domaine méditerranéen. Le caractère bas de la circulation d’ouest est confirmé par les plus forts cumuls pluvieux sur les façades occidentales des péninsules et des îles, directement exposées à ces vents d’ouest. Le contexte anticyclonique de la Scandinavie s’illustre par des températures nettement plus froides que la normale.
Le 15 février, une dépression sur le nord du golfe du Mexique participe à l’advection d’air chaud et humide. Elle finit par rencontrer une masse d’air froid au large des côtes nord-est nord-américaines. Le gradient thermique s’accentue considérablement et la dépression se creuse fortement. Arrivant sur les eaux plus froides de l’Atlantique nord, la vapeur d’eau accumulée se condense rapidement, libérant la chaleur latente?. En aval, le champ de pression s’élève, la colonne d’air troposphérique se dilate (un air plus chaud occupe un volume plus important, en conservation de sa masse) : les conditions deviennent anticycloniques sur le sud-ouest de l’Europe. Cela modifie le paradigme en place depuis plusieurs semaines.
La dépression s’est ensuite comblée totalement au nord de l’Écosse. Cependant, même si, à sa suite, d’autres thalwegs se sont présentés, la configuration est demeurée moins bloquée. Les dépressions furent moins incisives sur la France. L’excès antérieur de précipitations a malheureusement suffit à inonder de nombreuses régions.
En France, le résumé mensuelle est le suivant :
Qu’en est-il alors de la suite ?
La tendance lourde s’articule autour de conditions anticycloniques (hautes pressions en surface, hauts géopotentiels en altitude) sur l’Europe centrale et orientale, débordant possiblement sur l’Europe orientale.
En effet, à échelle hémisphérique, deux zones de blocages synoptiques se mettraient rapidement en place. L’une sur l’Europe centrale et orientale, l’autre sur le nord-est de l’Asie / nord-ouest du Pacifique. Une bulle relativement tiède et anticyclonique perdurerait au-dessus de l’Arctique. L’AO resterait positive, cachant assez mal les influences des deux secteurs bloqués sur la dynamique polaire.
Même si ces structures évoluent à petites échelles de jour en jour, elles sont prévues durer au moins 10 à 15 jours, probablement plus.
De plus, ni l’ENSO ni la MJO, prévus neutres ou peu actives, ne favoriseraient à terme un régime ou une circulation particulière.
Dans ce contexte, nous devrions avoir typiquement des creux répétitifs à l’est des Rocheuses, favorisant des descentes d’air plus froid. A contrario, les remontées d’air chaud et humide sur le sud-est des États-Unis s’en trouveraient renforcées. L’Atlantique serait ainsi actif, avec de nombreuses cyclogénèses, confortant le blocage anticyclonique plus à l’est, sur le continent européen.
À plus court terme et échelle spatiale réduite à notre quadrant euro-atlantique, IFS? hésitait autour du 5-6 mars entre un régime de blocage ou de NAO+. Un petit train d’ondes s’accentue au départ du Labrador/Terre-Neuve masquant la prévisibilité apparemment bonne des simulations (IFS, GEFS, ICON, UKMO).
Il est fort probable que de puissants échanges méridiens affectent l’est de l’Atlantique et l’ouest de l’Europe.
La présence du blocage continentale impose deux trajets aux advections de températures et de vorticité, vers le nord-est et le sud-est, au lieu d’un seul trajet classique vers l’est ou l’est-nord-est.
Les positions et les évolutions de « D2 » ci-dessous sont peu anticipables avec précision. La prévisibilité, notamment pour le sud-ouest de l’Europe, est mauvaise.
Ainsi, si la douceur est globalement assurée ces prochaines semaines, la pluviométrie est plus aléatoire.
L’excédent est unanime sur le nord-ouest du continent, en lien avec les dépressions principales de type « D1 ». Ailleurs, et notamment sur le bassin méditerranéen, c’est plus incertain, en fonction de l’isolement des thalwegs atlantiques et de leur transition en Méditerranée.
Le Jet accélère en sortie du continent nord-américain, signant un gradient thermique resserré entre les deux advections polaire et subtropicale. La circulation avance plein ouest avant de se scinder en deux : une branche principale remonte au nord, tandis que la seconde, de moindre ampleur, rejoint le Jet subtropical au-dessus de l’Afrique du nord.
En Méditerranée, les retours sud et est marquent les isolements de gouttes froides permettant, à échelle synoptique, de consolider le blocage par apport d’air continental africain (chaud à vorticité anticyclonique) et, à échelle régionale, d’apporter des précipitations sur le nord du bassin.
Aujourd’hui... les plants de demain sont prêts à germer !
Une petite anomalie d’altitude était présente sur le sud-est de la France, associée à un faible creux de surface des Baléares au golfe du Lion. Cela a permis, grâce à l’humidité apportée en basses couches et au différentiel thermique vertical apporté par l’anomalie d’altitude, à des nuages de type cumulus (strato-, congestus et cumulonimbus) de se développer sur cette région, avec, à la clé, quelques averses ponctuées de quelques coups de tonnerre, sur la Côte d’Azur et le relief sud-alpin.
Une autre anomalie d’altitude est présente sur le sud-marocain et le sud-ouest algérien, avec, là encore, des averses localement orageuses, surtout sur l’Atlas.
Une dépression mature au sud de l’Islande et à l’ouest de l’Écosse, étend son front froid presque jusqu’aux Açores. Ce front va se scinder en deux parties, la première vers l’Écosse, la seconde vers le sud du Portugal ou le Maroc.
Sur le continent, les conditions sont essentiellement anticycloniques. Un apport d’air plus chaud s’effectue en mer du Nord et mer de Norvège, laissant augurer une hausse rapide de la hauteur du géopotentiel sur la Scandinavie.
De même, de l’air chaud est advecté sur la moitié ouest de l’Atlantique, permettant une hausse de ce même paramètre. On a ainsi une forte évolution anticyclonique en préparation sur le quadrant euro-atlantique.
Cela nous exposerait aux remontées douces et humides méditerranéennes.
D0 est l’anomalie d’altitude ayant généré les averses dans le sud de la France et D1 celles de l’Atlas. D2 est la dépression principale, le long ruban nuageux pose le front froid/occlus. Une forte advection d’air froid et de CVA y est présente tout au long. Les deux flèches blanches illustrent les vecteurs des advections, soulignant la future scission du front et du thalweg en deux entités distinctes.
De fortes advections chaudes sont également effectives de la mer du nord à l’Islande et de l’ouest des Açores au Groenland. Pris dans la circulation d’ouest, elles se décaleront vers le nord-est, initiant le passage à des conditions anticycloniques de plus en plus importantes sur une partie plus large de la zone européenne.
Par ailleurs, le gradient de température potentielle équivalente (theta’e) marque le front sur une pente élevée, alors que la marque du front chaud est nettement plus douce.
Prévisions : doux, plus sec au nord qu’au sud
Lundi 2 mars :
Avec l’approche du front froid, le Marin sera à la manœuvre sur le sud-est se muant en Autan sur l’Occitanie. Cet apport humide provoquera des nuages bas du Languedoc à la Côte d’Azur, remontant une partie de la vallée du Rhône. Hormis sur le Languedoc où ils pourront lâcher quelques ondées, ils se morcelleront assez vite. L’Autan forcira en cours de journée, 50 à 70 km/h, davantage dans les secteurs exposés tels le Lauragais.
D’autres nuages seront présents sur l’arc atlantique sans donner de pluies. Ailleurs, le soleil brillera après la dissipation des brouillards et stratus matinaux.
Faiblement positives, localement sous 0°C, sur le nord-est, les minimales seront de l’ordre de 5 à 10°C sur le pays, de l’intérieur vers les côtes. L’après-midi, le mercure montera généralement entre 15 et 18°C, peut-être un ou deux degrés de moins près des frontières du nord et de l’est, jusqu’à 20°C et un peu plus au pied des Pyrénées occidentales.
Mardi 3 mars :
Peu de changements, le même temps se répétera. L’Autan se maintiendrait, le vent d’est forcirait entre le Continent et la Corse et aux extrémités de l’île. Quelques ondées sont susceptibles d’être observées sur le Languedoc.
Les températures gagneraient deux à trois degrés par rapport à la veille. Au petit matin, de 2 à 5°C sur un petit quart nord-est, 8 à 10-12°C près des côtes, 4 à 8°C ailleurs. L’après-midi, les maximales varieraient de 13 à 17 °C au nord, jusqu’à 18-20°C au sud, sur l’Aquitaine et la basse vallée du Rhône
Mercredi 4 mars :
Le thalweg précédemment décrit se serait isolé vers Gibraltar. En aval, de l’air doux et humide s’organise.
Des pluies faibles à modérées se mettraient en place sur le Languedoc-Roussillon, notamment les Pyrénées-Orientales où elles seraient les plus abondantes, jusqu’à une vingtaine de mm près des reliefs. Quelques averses pourraient aussi éclore sur le Massif central.
Peu de changements ailleurs sur le pays.
L’Autan et le vent d’est seraient toujours de la partie.
Les températures diurnes grimperaient jusqu’à 14-18°C sur la moitié nord, la barre des 20°C n’est pas exclue localement.
Jeudi 5 mars :
Une dégradation pluvio-orageuse a de fortes chances de se développer en Méditerranée.
Il reste quelques incertitudes sur la trajectoire de l’anomalie d’altitude et de la dépression associée en surface.
Il existe donc un risque de fortes pluies sur le Languedoc-Roussillon, de moindre mesure sur PACA et la Corse.
Le temps se dégraderait également sur l’ensemble de la moitié ouest, avec des pluies modérées.
Autan et vent d’est souffleraient encore. Un vent de nord se renforcerait sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique, 60 à 80 km/h en première estimation.
Les températures seraient toujours très douces, au-dessus des 15°C le plus souvent. Elles entameraient une baisse temporaire assez marquée par la Bretagne en cours d’après-midi, à l’arrière du front froid.
Vendredi 6 mars :
Ce temps pluvieux et venteux près des côtes se poursuivrait. Des incertitudes planent sur l’axe principal et son intensité.
Les températures seraient en baisse, vers des valeurs de saison, en raison d’un faible ensoleillement et de beaucoup d’humidité.
Samedi 7 mars :
Un temps toujours pluvieux, possiblement fort, est encore prévisible sur la moitié sud, le temps serait moins agité au nord.
Les températures garderaient un niveau similaire à celui de la veille.
Dimanche 8 mars :
La prévisibilité est médiocre, rendant la prévision incertaine.
Des températures en hausse sont envisageables.
Tendances ultérieures :
Semaine du 9 au 15 mars : une dorsale demeurerait sur l’Europe, consolidant un thalweg sur le proche-Atlantique. Le temps serait relativement sec sur l’est, possiblement humide sur le nord-ouest et humide sur le sud-est où un ou des épisodes pluvieux sont possibles.
Semaine du 16 au 22 mars : la configuration garderait le même cap. Tout comme la semaine précédente, l’axe de la dorsale reste, à ce stade de la prévision, l’élément principal. S’il venait à se décaler vers l’est, l’humidité s’inviterait sur le pays et donc les pluies. Dans le cas inverse, ce serait un temps plus sec. Les températures resteraient douces.
Semaine du 23 au 29 mars : peut-être une semaine de transition, vers une configuration plus zonale, demandant largement à être confirmée.

