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Bulletin du 25 mai 2026
lundi 25 mai 2026, par
De nombreux records mensuels de températures élevées tomberont durant la semaine, probablement un jour sur l’autre sur plusieurs postes d’observation.
Dans l’absolu, sauf localement, les températures seraient sur un niveau de fortes chaleurs estivales, mais en mai, il s’agirait d’un évènement inédit.
Prévisions du mardi 26 au dimanche 31 mai 2026
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Mardi 26 mai
La nuit, un régime de brise est présent en toutes zones, empruntant des couloirs dus aux reliefs, même faibles, aux plans et cours d’eau, aux îlots de chaleur, etc. Les secteurs où cette brise converge connaissent une température nocturne un peu plus haute.
L’après-midi, un peu d’Autan souffle sur le midi toulousain, se prolongeant vers les Charentes et la Vendée. Il mollira ensuite.
L’air sera sec, surtout sur la moitié sud, plus humide sur le quart nord-ouest.
Les températures minimales oscillent de 18 à 22°C de la Bretagne et du Cotentin jusqu’à la vallée de la Garonne, sur la Côte d’Azur et dans la plupart des agglomérations. Des Hauts de France à la Lorraine, elles affichent de 14 à 17°C, ailleurs de 16 à 20°C.
Note : il est possible que l’humidité baisse moins qu’envisagée, dans ce cas, prévoir non seulement 1 ou 2°C de plus mais surtout une plus grande sensation d’inconfort durant la nuit. La nuit serait moins réparatrice.
Les températures maximales sont comprises entre 30 et 35°C, localement jusqu’à 37-38°C des Pays de Loire à la Dordogne et aux Landes.
Côté ciel, le bleu domine, l’après-midi quelques nuages prennent des poses joufflues sur les reliefs de la moitié sud en donnant une averse pour les plus audacieux d’entre eux.
Une petite convergence du nord de la Bretagne à la Basse-Normandie permet la formation de quelques nuages en « chou-fleur ». Peut-être l’un d’entre eux tentera de donner une ondée très locale et brève.
L’indice UV est à 9, soit un niveau très élevé. Attention donc aux effets néfastes des UV sur la peau et les yeux notamment. Il n’est pas nécessaire de rester des heures au Soleil pour synthétiser la pré-vitamine D.
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Mercredi 27 mai
Un régime de brise subsiste sur le pays. L’après-midi, dans une configuration de col relatif, un peu de nordet se ressent des côtes de la Manche à l’Allemagne et à la Suisse.
En fin de nuit, les températures varient de 16 à 20°C, localement davantage, sur l’ouest, de 14 à 20°C sur l’est, plus sur la Côte d’Azur.
La note mise en évidence pour la prévision du mardi reste valable pour ce mercredi.
En journée, le mercure grimpe jusqu’à 25-30°C des Hauts de France à la Normandie, de 28 à 32°C de la Champagne et du Centre, au Lyonnais et à l’Alsace, de 30 à 35°C des Pays de Loire à la Dordogne et aux Landes d’une part, sur l’arrière-pays méditerranéen d’autre part, avec des pointes à 37-39°C.
Des nuages bourgeonnent l’après-midi sur les massifs du sud. La convergence initiée par le nordet pourrait permettre l’éclosion d’averses orageuses, localisées mais possiblement fortes de l’est de la Bretagne et de la Basse-Normandie au Poitou et aux contreforts du Massif central.
Un voile d’altitude se manifeste sur la façade atlantique.
L’indice UV reste à un niveau très élevé.
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Jeudi 28 mai
Transitant par une crête de surface, le vent?, faible à modéré, s"orienterait au secteur sud à sud-est sur le nord, est sur le sud-ouest, nord-ouest sur le sud-est durant la nuit. L’après-midi, il soufflerait de l’ouest ou du nord-ouest sur le nord-ouest, du nord ou du nord-est ailleurs.
Au petit matin, les thermomètres afficheraient de 16 à 22°C sur l’ouest, de 18 à 23-24°C, voire localement 25°C, près de la Méditerranée, de 15 à 18°C ailleurs.
En journée, ils marqueraient de 25 à 30°C de la Bretagne aux Hauts de France, près des frontières belges à suisses, de 32 à 36°C du val de Loire à la vallée de la Garonne et aux Landes, potentiellement jusqu’à 38-40°C, ainsi que dans l’arrière-pays méditerranéen. Ailleurs, des valeurs entre 30 et 35°C sont attendues.
Des nuages d’altitude s’inviteraient, par endroits, des cumulus congestionneraient pour donner une averse, principalement sur les Alpes.
L’indice UV reste à un niveau très élevé.
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Vendredi 29 mai
La nuit serait chaude, les températures ne s’abaissant pas ou peu sous les 20°C dans la plupart des régions. Elles pourraient dépasser les 25°C sur les littoraux du sud-ouest et du sud-est.
Durant l’après-midi, les côtes de la Manche bénéficieraient d’une certaine douceur. Ailleurs, la chaleur persiste : les 30°C seraient de rigueur au moins au sud de la Loire, probablement au-dessus de 35°C sur le sud-ouest et l’arrière-pays méditerranéen, avec un potentiel de 38-40°C (risque à confirmer) de la Gironde aux Landes, voire la Dordogne, et sur la basse vallée du Rhône et peut-être l’intérieur de l’Aude et l’ouest de l’Hérault.
Des averses et orages peuvent éclater dans l’intérieur de PACA et la Corse, peut-être l’Isère et les Savoie. Sur le nord, des nuages plus nombreux circuleraient, porteurs de quelques ondées. Ailleurs, hormis quelques voiles nuageux, le Soleil brillerait.
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Samedi 30 et dimanche 31 mai
– Samedi, les températures minimales demeureraient chaudes, souvent supérieures à 18-20°C, potentiellement 25°C sur le littoral de la Grande bleue. Les maximales fléchiraient un peu par l’ouest.
Le Soleil serait bien moins présent, surtout à l’ouest et au nord et des précipitations sont possibles sur la moitié nord.
– Dimanche, les températures nocturnes poursuivraient leurs baisses par le nord-ouest, celles diurnes aussi, seul le quart sud-est conserverait de fortes chaleur. Le ciel pourrait être plus perturbé.
Note : les incertitudes, surtout pour une moitié nord-ouest ou nord du pays, sont nombreuses pour le week-end. Il s’agit ici d’un scénario « optimiste », avec baisse marquée des températures, nuages et précipitations hétérogènes. Toutefois, une baisse plus modeste ou limitée en extension des températures sous un ciel globalement lumineux reste un scénario plausible, pour ne pas dire probable, malheureusement.
Observations et évolutions
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À grande échelle
Il y a quelques jours seulement, la masse d’air aujourd’hui sur la France se trouvait sur le Sahara. Le sable transporté peut affecter le flux ondes courtes issu du Soleil et limiter le « chauffage solaire ». Cependant, la quantité reste modeste, l’impact est malheureusement faible.
Les masses d’air sont ainsi colorées par post-traitement en fonction de l’absorption de certaines longueurs d’onde selon les composants. Par exemple, l’air polaire est plus riche en ozone, d’où le violet, alors que l’air subtropical en est appauvri (vert). La vapeur d’eau permet également de différencier les origines, en ajoutant le bleu pour l’air fortement humide.
L’océan, entre Açores et Maroc, est en bleu-vert, avec quelques bancs de nuages bas vus par transparence. La masse d’air provient du Cap-Vert et au-delà, fortement humide.
Sur le nord-est de l’Afrique, l’air est sec, comme sur un tiers ouest de la France (nuances brunes) alors que les deux-tiers est révèle plus d’humidité (bleuté).
Le Jet? polaire contourne le dôme par le nord pour redescendre sur la mer Noire (rouge) tel un dard piquant la Crimée. Le Jet subtropical se matérialise de l’est algérien au nord de la Libye jusqu’au sud de la mer Caspienne.
Ainsi, ce dôme d’air subtropical dévie la circulation d’ouest tempérée classique vers les Féroé et la Norvège. Sur le reste de l’Europe et le nord de l’Afrique, le mouvement circulaire et méridien s’entretient. À terme, l’air polaire envahirait l’ouest de l’Asie.
Ce système stable est en place pour plusieurs jours.
Un tel système stable est difficile « à bouger ».
L’air chaud s’accumule en altitude par apport régulier (advections positives de températures depuis l’Atlantique subtropicale et le nord-est de l’Afrique). Cet air chaud limite la convection qui permet d’évacuer vers le haut la chaleur accumulée près du sol.
Ce type de structure atmosphérique à courbure anticyclonique favorise un mouvement vertical descendant de l’air (dit subsidence?). Comme le sol est rigide et infranchissable, l’air tend à être compressé en s’approchant de la surface : il se réchauffe et s’assèche, comme l’air dans une pompe à vélo qui rend le cylindre de plus en plus chaud.
L’air sec en altitude inhibe la formation de nuages : le chauffage solaire fonctionne à plein.
Rares sont les éléments défavorables à la chaleur.
Grâce aux pluies hivernales excédentaires, les sols sont encore humides.
L’air sec et la chaleur vont accélérer leur assèchement. Cette évaporation est d’autant plus forte que l’air est plus sec et la chaleur plus forte. Toutefois, l’évaporation, processus endothermique (= qui prend de la chaleur à l’environnement) limitera un peu les températures et humidifiera un peu les basses couches de l’atmosphère,
Les nuits peuvent alors être un peu plus lourdes car outre l’humidité, l’évaporation sera moins forte, refroidissant moins l’air et la vapeur d’eau réfléchit une part du rayonnement grandes ondes terrestre plutôt que de le laisser s’échapper vers l’espace.
Note : l’humidité variant généralement moins vite que la température, une journée lourde a de fortes chances, en régime stable comme c’est le cas, de précéder une nuit lourde. C’est un bon signal, simple à observer, pour prévoir la qualité de récupération de la nuit à venir et l’anticiper.
La trajectoire des sables sahariens maintient sa visibilité : une nouvelle salve apparaît depuis cette nuit, selon la même trajectoire, atteignant la France jeudi. Cette salve modestement sableuse accompagne surtout une nouvelle pulsion d’air subtropical sec. Les températures franchiraient un nouveau pallier.
Jeudi et vendredi, une intrusion d’air plus froid en altitude sur le nord de l’Italie et l’Adriatique déstabiliserait la masse d’air. Avec le forçage orographique des Alpes, des orages seraient susceptibles d’éclater sur l’extrême sud-est, Corse incluse.
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À petite échelle
Le point de rosée est une des mesures possibles de l’humidité : plus sa valeur s’approche de la température, plus l’air devient saturé.
Le vent de terre sur le pays durant la nuit est insuffisant pour assécher la couche d’air près du sol. L’humidité reste élevé, les points de rosée se révèlent proches des températures observées. En journée, il inhibe l’influence régulatrice de l’océan.
Les températures partant de haut baisseront ainsi insuffisamment, l’humidité ajoutant une certaine lourdeur.
Les conditions étant similaires au moins demain et après-demain, le même phénomène devrait se produire. Cependant, comme envisagé précédemment, l’air s’assècherait tout de même progressivement laissant les températures nocturnes à un niveau semblable (les températures diurnes, elles, augmenteraient).
Le champ de pression en surface gardera un gradient très lâche : le vent restera calme ou faible, brassant peu l’air et soutenant de facto l’accumulation de chaleur.
Le CMCC est une fondation italienne : Centro Euro-Mediterraneo sui Cambiamenti Climatici
Près de la Méditerranée, le faible vent de sud dominant autorise d’une part le lent échauffera des températures de surface de la mer, diminuant son rôle modérateur, et d’autre part des températures tropicales de plus en plus fréquentes et élevées, d’où de possibles 25°C dès l’aube durant la semaine.
Excepté les côtes méditerranéennes, le vent? est « de terre » (depuis l’intérieur en direction de la mer), inhibant l’influence régulatrice de l’océan.
AROME, le modèle haute résolution de Météo6france, dans son cycle matinal, simulait un champ de températures différent de celui qui serait observé en raison d’une simulation moins réaliste de l’humidité.
Il ne s’agit pas ici de pointer le modèle pour un mauvais résultat, il n’est pas isolé, mais pour illustre le rôle important de l’humidité dans ces épisodes de fortes chaleurs et la difficulté à la modéliser avec suffisamment de réalisme à des échelles fines.
Une des raisons est peut-être à chercher du côté de la teneur réelle en humidité des sols. En effet, les mesures effectuées par satellite ont une résolution décakilométrique environ et peu de stations au sol sont équipées d’équipements adéquats.
L’assimilation de ce paramètre par les modèle reste sensible aux aléas de la représentativité des mesures.
La résolution horizontale est de 0.01°, soit environ 1,3 km.
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À long terme
Le champ est bas (à tendance dépressionnaire) sur le Groenland et l’Islande, plus haut (à tendance anticyclonique) des Açores au nord-est de l’Afrique et au bassin occidental de la Méditerranée. Entre les deux, l’écoulement devient zonal (d’ouest en est, proche des parallèles, et non plus méridien comme actuellement. L’influence océanique reviendrait alors, avec un dégradé nord-ouest, moins chaud et humide, sud-est, chaud et sec.
En violet, une mesure de l’incertitude.
La masse d’air subtropical s’évacuerait vers l’Europe orientale et la Méditerranée centrale. L’Atlantique reprendrait la main sur l’Europe occidentale. En France, ce serait un temps moins ensoleillé, moins chaud, peut-être avec une ou deux perturbations sur une partie nord-ouest plus ou moins large. Seul notre sud-est persisterait à connaître un temps (très ?) chaud et sec.
Cependant, les échéances sont très lointaines, cette évolution est fragile et demandera à être confirmée, ou infirmée, dans plusieurs jours.
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Bonus
Cher lecteur, chère lectrice, si vous êtes arrivé-e jusqu’ici, voici un petit bonus pas du tout démérité ! L’éclosion des cumulus (typiquement en jaune car composés d’eau liquide), évoluant en cumulus congestus (gros chou fleur, en violet, car typiquement composés d’un mélange d’eau liquide et de glace) puis enfin en cumulo-nimbus, générateur de fortes averses et d’orages (en bleu, car leur partie supérieur est exclusivement composés de glace).
Avec le vent de sud-est en altitude, les sommets s’étirent vers le nord-ouest en fin de journée, voilant plus ou moins fortement le soleil.
D’autres se manifestent sur le nord-ouest de l’Espagne, en lien avec une goutte froide, à l’ouest immédiat de La Corogne.

