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14 mars 2026 : un orage passe

lundi 16 mars 2026, par sb

En début de matinée, un orage est passé sur Aubagne avec des intensités horaires estimées supérieures à 150 mm/h et lâchant quelques bons coups de tonnerre. Le vent? s’est levé à l’avant avant de tomber une fois l’orage parvenu.
La célérité de la ligne empêcha une inondation des points bas. Toutefois, les massifs, notamment de la Sainte Baume, ont leurs karts remplis, le débit de l’Huveaune se maintient à un niveau correct. Ces derniers mois d’une pluviométrie excédentaire permet au fleuve côtier de ne pas tomber dans un débit famélique dès l’épisode terminé.
Depuis le 1er décembre, le cumul se porte en effet à 384 mm pour une norme 1991-2020 à 212 mm, soit pas loin du double. Par ailleurs, si novembre 2025 avait été déficitaire, octobre était dans la norme et septembre excédentaire de 60% ! Les six mois suivants la saison sèche estivale sont donc particulièrement pluvieux (660 mm contre 478 mm).

Animation des intensités réflectivités radar.
Une ligne convective s’est développé vers le sud en arrivant sur la rade de Marseille et s’est décalée rapidement vers l’est-nord-est. De fortes intensités ont été relevées à son passage mais sa vitesse a maintenu des cumuls relativement faibles.
© Infoclimat.fr
Débits sur 24h de l’Huveaune, sur trois stations : Saint-Zacharie, Roquevaire et Aubagne, de l’amont vers l’aval.
© Vigicrues
Avec l’avancée de la dépression, le vent? se maintient au sud-est (120-130°) puis, à son approche, s’oriente au sud (180-190°) avant de basculer brutalement lors de l’orage à l’ouest (250°) puis au nord (350-0°), la dépression étant passée.
Dans le même temps, ce basculement s’accompagne d’un net fléchissement de la vitesse.
Données © Météo-France
En complément, graphiques plus précis de la StatIC de Marseille-Corniche à une petite vingtaine de km à l’ouest-sud-ouest. L’évolution est identique et confirmée.
La pression atmosphérique connaît un rehaut après l’orage, se conjuguant avec la chute de la vitesse du vent?. L’axe du thalweg est passé.
© Infoclimat.fr

Situation

Un thalweg se développe en direction de la Méditerranée durant les 60h précédentes.
Données © NOAA-NCEP, cartes © Infoclimat.fr

La masse d’air est initialement issue de la mer du Labrador. Un thalweg prend place de la mer du Nord aux Baléares. Il advecte de l’air froid et de la vorticité cyclonique en sortie du max de Jet?.

Deux structures anticycloniques sont présentes. L’une sur l’Europe orientale jusqu’à la mer de Barentz, la seconde est sur l’Atlantique. Entre les deux, une dépression d’échelle synoptique se situe entre Islande et Norvège, étendant un thalweg d’assez grande amplitude jusqu’en Méditerranée occidentale.
Données © NOAA-NCEP, cartes © Infoclimat.fr

Le front froid est actif. Il a fourni un copieux arrosage sur de nombreuses régions.
Le contexte est dépressionnaire sur l’ouest de l’Europe. Une méso-dépression traverse la moyenne vallée du Rhône, tandis qu’un thalweg s’étire jusqu’au golfe du Lion où un minimum est présent.
Les T500? sont inférieures à -30°C sur le nord de la France, les T850? sont négatives sur les trois-quart nord-ouest du pays. Cette dernière est de +6°C sur le littoral varois. Le gradient thermique

La colonne troposphérique est quasi saturée, avec quelques plages de faibles épaisseurs plus sèches. Le cisaillement directionnel est horaire et la magnitude se renforce avec l’altitude.
données © Météo-France, graphique © meteocentre.com
À la même heure que le radiosondage de Nîmes, la colonne troposphérique est beaucoup plus sèche au-dessus d’Ajaccio, encore éloignée du thalweg et du front froid principal. Le cisaillement est plus irrégulier et la magnitude des vents? est plus légère. L’instabilité est absente, le profil tend davantage à la subsidence?.
données © Météo-France, graphique © meteocentre.com

La progression du thalweg et de la perturbation associée se réalise à la fois vers le sud et vers l’est.
La couleur rouge, non naturelle mais due aux traitements subis pour les différents canaux utilisés, traduit des nuages très épais composés de cristaux de glace. La T500 est de -32°C mesurée au-dessus de Trappes à 0h TU, de -22°C au-dessus d’Ajaccio douze plus tard. La T300 est similaire sur les deux sites, à environ -48°C.
Le réchauffement de l’étage moyen est présent, en raison de l’advection douce en aval du thalweg.

Par ailleurs, les données de simulations à très court terme de la divergence (lignes jaunes) / convergence (lignes bleues) à 300 hPa par IFS? montrent une extension et un renforcement du contexte divergent. Cela favorise les mouvements verticaux ascendant pourvu qu’en surface ou en basses couches des convergences apportent le forçage nécessaire pour vaincre la médiocre instabilité de la masse d’air.
Le courant perd en composante zonale au profit de sa composante méridienne, la perturbation se redresse vers un axe sud > nord, accentuant le transport humide méditerranéen et le cyclonisme en basses couches.

Imageries 24h microphysics RGB du 14 mars à 6h TU et les deux images précédentes à 6h d’intervalles (soit à 0h TU et à 18h TU la veille).
satellite © EuMetSat - EuMetTrain, simulations © ECMWF
Imagerie satellite post-traitant les plis de tropopause (tropopause folders, anomalie négative de tropopause).
L’anomalie principale s’étire du sud de la Norvège, des Ardennes jusqu’à la région de Valence (Espagne). Une anomalie secondaire, de moindre ampleur, s’axe du Doubs à l’Hérault. Une autre représentation des forçages d’altitude liée aux divergences.
© EuMetSat
Détection des vents? à différentes altitudes (niveaux de pression) depuis les données d’observations satellites.
Sur le sud-est français, en plus de la divergence, le courant est diffluent, à l’avant de l’anomalie négative secondaire de tropopause. L’environnement devient maximal pour la convection, malgré une CAPE faible de l’ordre de 200 à 300 J/kg.
© EuMetSat

Alors en surface, le forçage est apporté par une convergence des vents. Ceux-ci sont orientés au nord à nord-ouest sur le centre du département des Bouches-du-Rhône et de sud à sud-est sur l’est des BdR et l’ouest du Var.
L’air doux et humide advectée depuis les Baléares s’élève ainsi plus facilement, permettant la formation rapide d’une ligne orageuse fortement pluvieuse puisque correctement alimentée en énergie.

La direction et force des vents? mesurées par des stations d’observations montrent la convergence en surface sur Marseille.
© Infoclimat.fr
Vent? à la tropopause et température équivalente pseudo-adiabatique à 925 hPa (environ 800 m) selon l’analyse d’AROME 6z à 0.025° de résolution horizontale.
Une plage plus chaude et humide s’étend de Minorque aux cotes varoises et du sud-est des Bouches-du-Rhône.
données AROME © Météo-France, carte par moi-même
Températures à 2 mètres et vents? à 10 mètres.
Vorticité relative à 300 hPa (lignes) et vitesse verticale à 500 hPa (couleurs) : les valeurs négatives correspondent aux ascendances?. D’après l’analyse d’AROME 6z.
données AROME © Météo-France, carte par moi-même

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